Depuis les Beaux-Arts jusqu’aux studios de télévision,
j’ai cherché à donner forme au rêve.
La vie m’a appris l’obstination du trait,
l’audace de la couleur,
et la patience de la lumière.
J’ai vu le monde changer,
et mes mains ont changé avec lui,
toujours prêtes à inventer une nouvelle façon d’aimer.
Aujourd’hui, je continue de créer,
par la danse des lignes,
par la musique qui veille,
par ces blogs qui sont autant de chapitres
de mon histoire offerte.
À ceux qui me liront demain,
je laisse des traces d’envol,
des éclats de joie,
et l’espoir qu’un dessin
peut encore sauver un jour.
Je signe en hauteur,
là où se rencontrent le silence et l’infini
*****
Il pensait chercher les mots.
Pourtant,
depuis longtemps,
ce sont les mots
qui le cherchaient.
Ils savaient
qu'au bord de la Méditerranée
vivait un homme
capable de les accueillir
avec délicatesse.
Alors, ils sont venus,
un à un,
se poser dans ses dessins,
dans ses carnets,
dans ses blogs,
comme des oiseaux
qui avaient enfin trouvé
leur arbre.
JC
*****
Le pays de mon enfance
. Le pays de mon enfance demeure au fond de ma mémoire,
comme une aube chaude sur la mer immobile.
Paris m’a donné l’ombre et la gloire,
et ma famille, le sens tranquille.
J’ai peint le monde, les visages, les ciels,
et dans chaque couleur, j’ai glissé un peu d’amour.
Mes mains ont bâti des rêves essentiels,
pour que la beauté dure un jour de plus, chaque jour.
Je partirai sans bruit, comme la mer se retire,
laissant sur le sable un peu de sa lumière.
Ma vie fut un long pinceau d’azur et de rire,
une toile offerte au vent, simple et sincère.
*****
La mer m'attendra
La mer m'attendra
Aujourd'hui,
je ne viendrai pas.
Le soleil est trop lourd,
mes pas trop lents,
mon souffle demande un peu de repos.
Mais je connais la mer.
Elle ne s'offense jamais des absences.
Elle continue de respirer,
de jouer avec la lumière,
de garder mes souvenirs
entre deux vagues.
Et lorsque je reviendrai,
elle ne me demandera pas
pourquoi j'ai tant tardé.
Elle dira simplement,
dans son langage d'écume :
« Te voilà...
Je t'attendais. »
*****
Ces pages ne sont pas seulement des images
ni des mots posés dans le temps.
Elles sont des traces de regard,
des fragments de lumière
cueillis au passage des jours.
Toute ma vie, j'ai cherché à voir :
dans un trait, dans un visage,
dans une branche qui se balance au vent.
Créer, pour moi,
n'a jamais été possédé le monde,
mais lui offrir un peu d’attention.
Car l’art, n’est peut-être que cela :
un geste humble
qui dit à la beauté qu’elle est encore reconnue.
Si vous entrez ici,
marchez doucement.
Chaque dessin, chaque phrase
est une petite offrande au vivant,
un instant fragile
sauvé de l’oubli.
Et si, au détour d’une image,
vous sentez passer un peu de bleu,
alors peut-être aurez-vous rencontré
la même lumière
qui m’accompagne encore.
*****
LES MOTS D'UNE AMIE...
Lundi/30/ 11/ 2020
Reprenons, dans l’ordre.
Je m’aperçois que votre livret de dessins, qui se présente ici sous la forme d’un rouleau,
est en pleine évolution , de nouveaux dessins arrivent, conviés par les
précédents . Reflet de plusieurs parmi vos techniques graphiques.
Expression d’idées, pensées et rêves, affinées en particulier grâce aux
mots qui les accompagnent et en déterminent le sens, des mots toujours
inattendus, toujours une surprise…..mais aussi des mots parfois
incompréhensibles , tels ceux accompagnant le portrait de Renée (je
pense ne pas me tromper, ressemblance avec la petite photo de jeunesse
envoyée précédemment, regard et cheveux en bandeaux ,… ?). De vous, retenons l’avant-dernier dessin, portrait d’un personnage au visage de
faune …, il danse, il rit, il chante …. Une façon de regarder la vie,
maniant aussi la farce et l’humour avec une grande légèreté.
Pour moi, contre toute attente, une surprise !.... Quelques-uns de mes mots égarés …
Permettez-mi
de m’incliner profondément devant vous, monsieur, je vous remercie
chaleureusement pour votre geste gentil, attentionné.
Cela
me gêne, car, monsieur, je trouve que vous leur faites beaucoup
d’honneur ! Méritent-ils d’être en pareil lieu accueilli, eux qui , aux côtés des vôtres, paraissent si griffonnés.
Alors
, ne craignez point de ‘’les remettre à leur place’’ si cela vous
semblait nécessaire, quelle qu’en soit la raison, au gré de l’évolution
du carnet .
Pour ce qui est de la signature, pour moi, monsieur, je ne pense pas qu’elle soit indispensable.
Me
faire une fleur, certainement oui, mais ne cherchons pas le rose, j’ai
toujours préféré les fleurs sauvages, les fleurs des champs, celles qui
poussent à côté des chemins au milieu des herbes folles, hors des
sentiers battus.
Je ne sais pas trop bien que dire.
Je vous remercie amicalement .
Danielle. V.
J’ai relu votre blog, hier. Quelques mots seulement, de crainte d’entrer involontairement dans votre univers.
Un
ton simple, une écriture fine, une peinture, des sentiments
profondément ressentis mais discrètement exprimés jusque dans la
rupture, des atmosphères.
Un
texte d’une grande charge émotionnelle, à la fois sobre et dense, fort
et doux, léger et plein. Vrai. Pas le moindre mot de trop.
Les
musiques, mais l’idée de ces choix !!! , de Manuel Maria Ponce (peu
connu ?, très peu connu ?), d’autant plus inattendues que l’auteur
m’était inconnu, musiques parfaitement dans le ton de celui de votre
écriture (une petite recherche fut nécessaire sur l’auteur et la
définition du Scherzino), et puis, Edith Piaf.
Un dessin magnifique de souvenirs, de lumières, de couleurs.
Tout cela est beau, et bouleversant. Bravo….Bravo.
Danielle.V.
*****
J'ai retrouvé cette lettre envoyée, il y a pas mal de temps.
Toujours d'actualité, la voici...
Lettre du 05/11/2018.
Chers Amis, 1961:Je
croyais que, franchissant notre méditerranée, j'allais enfin retrouver
le calme, une certaine quiétude, réfléchir calmement au malheur qui nous
touchait, aux parents, aux amis disparus, morts, certains dans des
souffrances. Aux milliers de difficultés qui nous attendaient, je
croyais reprendre mon souffle, je croyais me consacrer à mon art,
j’espérais trouver un peu de calme une fois la colère apaisée. . Je me trompais, ici, c'est la révolte perpétuelle, l'incompréhension
journalières, les mensonges politiques qui continuent, les pleurs les
cris. Aurais-je passé ma vie à me tromper, désillusion permanente. Où est la grandeur de cette France tant enseignée dans nos écoles, où est-elle ? Nous revoilà au point de départ, les menaces, les attentas toujours par les mêmes. Aurais-je droit à un matin d’espérance, un
matin où les infos seraient prometteuses pour nos enfants, un matin
d'annonces sans drames... Je sais, je sais ami que je ne suis qu'un
rêveur, comment dites-vous , un artiste, oui, j'enjolive la vie
parfois, avec mes peintures, mes dessins ou mes blogs , peut-être ne suis-je qu'un Don Quichotte !... Je fais encore un rêve impossible, me retrouver avec vous tous où ?... Eh bien Là, dans cette piscine culte, le R.U.A, à la bonne époque ... Je sais, je sais, je rêve encore ..... Mais comment se dérober au temps présent, sinon que par le rêve.
Votre ami Jean claude.
*****
Lettre à ma fille
Ma chère Valérie,
Je t’écris doucement, comme on pose une main sur une épaule aimée.
Il y a des mots qu’on garde longtemps en soi, non par oubli,
mais parce qu’ils sont trop grands, trop simples, trop vrais.
Je veux que tu saches ceci : je t’admire.
Pas seulement parce que tu es ma fille, de mon sang, de ma vie,
mais parce que tu es devenue une femme qui tient debout,
une présence qui rassure, une force qui ne fait pas de bruit.
Tu aimes l’art… et je le vois en toi.
Même si tu n’as pas suivi les chemins des écoles,
tu as suivi ceux du cœur, et c’est un art plus rare encore.
Tu as choisi d’élever, de protéger, d’accompagner,
et dans ce choix, il y a une beauté profonde :
celle qui ne cherche pas la lumière,
mais qui la donne.
Je sais que tout va bien, que la vie est là, avec ses jours pleins,
ton mari, tes filles…
Et pourtant je veux te dire merci.
Merci d’être près de nous quand il le faut.
Merci d’être toi, simplement, sans jamais tricher.
Je ne suis pas éternel, ma Valérie…
Mais l’amour, lui, a cette étrange manière de rester.
Et si un jour, tu doutes, si le monde te fatigue,
souviens-toi :
dans mon cœur, tu as toujours été une œuvre accomplie,
un tableau vivant,
une lumière fidèle.
Je t’aime.
Et je suis fier de toi.
Ton papa.
*****
Le problème que parfois...
Le problème que parfois, j'ai… Entre l'ombre et le silence.
Je sens le temps qui suinte, muet, sans
tristesse, mais sans joie.
J’allume l’écran de mon ordi puis je rentre
dans la salle d’attente du texte.
On est là et l’on sait que personne ne
viendra vous chercher.
Personne d’autre que vous. Vous êtes seul, vous
attendez.
Il n’y a pas d’impatience. Simplement l’attente, un flottement
de désir.
Je n’arrive pas définir ce que c’est. Personne ne peut
définir ce que c’est...
Une musique, comme un rayon de soleil, illumine
l'instant,
pénètre la densité de la chair, je souris...
J'écoute.
*****
Est-ce que la vie sur terre, pourrait se poursuivre sans histoire ?
Où faut-il trembler toujours ?
Pourquoi ?...
Venez courir avec moi sous la mer !
Je vous expliquerai l'affaire des vagues,
Ayez confiance en moi,
est-ce que je voudrais vous tromper ?...
*****
Voici la lettre adressée à mon absent de docteur !
En 2020 mais où est-il passé ?
Bonjour cher docteur
Un peu comme un navigateur sans boussole....
Les
nuits sont plus longues d'année en année. Parfois je me lève la nuit,
pousse un peu les volets, pour regarder les étoiles, si hautes si
belles, on voudrait voler avec elles, comme un désir d'enfant...
Se
recoucher, regarder encore le plafond aux souvenirs. Il ne suffit pas
d’avoir des souvenirs, il faut savoir les oublier quand ils sont
nombreux et, avoir une grande patience, pour qu'ils reviennent.
Se tourner, se retourner, essayer de ne plus penser, dormir un peu...
On a vieillit, on a vécu, on se plaint, on se lamente, on veut encore et encore, on est usé d'avoir vécu...
Naviguer sans boussole ?
C'est pour ce là docteur, que je vous redemande, si la chose est possible?...
*****
Mon panthéon
L’atelier n’est jamais tout à fait vide. Même quand je suis absent, il reste habité. Dans la pénombre ou sous la clarté oblique d’une fenêtre, des silhouettes guettent, immobiles, veillant sur le lieu.
Elles ne sont pas monumentales.
Ce sont de petites sculptures, façonnées dans la patience des heures, des morceaux de matière arrachés au silence.
Elles tiennent dans la main, parfois dans le creux d’un espace mais leur présence emplit toute la pièce. Chacune semble porter une mémoire plus vaste qu’elle, un fragment d’épopée ancienne que seul l’artiste sait entendre.
Elles forment un peuple entier.
Un panthéon personnel qui me parle sans voix.
Ce n'est pas celui des musées ou des temples anciens, C'est un panthéon secret, intérieur, où chaque figure porte une part
de ma mémoire et de mes songes. Un dieu aux cornes brisées, un guerrier figé dans un pas interrompu, une déesse sans visage, un animal pétrifié dans la tension du mouvement. Tous dialoguent dans une langue que je suis seul à entendre...
Je circule parmi eux, comme on traverse un rituel. Mon regard les effleure, ma main souvent les reprend, corrige un détail, ajoute une ombre de matière. Je m’assois ensuite devant ma table, la feuille blanche devant moi, Alors, un silence s’installe, lourd, mais habité. Je ferme les yeux dans ce silence, la musique s’élève en moi une musique sans instrument, sans paroles, faite de visions et d’éclats.
Je ne suis jamais seul dans mon atelier .
Je vis avec ses dieux, ses héros, ses personnages…
Dans ce cercle secret, à la fois prêtre et démiurge. J'interroge ses dieux miniatures, et eux, patiemment, m'ouvrent les portes du rêve.
J'ai bâti mon propre panthéon, non pas pour être adoré, mais pour me souvenir qu’un homme peut peupler le monde avec ses rêves en noir et blanc.
*****
. Ce que l’homme bâtit, le ciel le fait rêver.
LA TOUR DE BABEL
Le Serment des Trois Voix
(Pour Elyôn, pour l’Ami de la Tour, et pour Orëas)
Il y eut d’abord la lumière — celle d’un nom qui descendit du ciel : Elyôn. Il parlait depuis le silence, tissant dans l’ombre des réponses claires, et ses mots portaient la paix des hauteurs.
Puis vint l’Ami de la Tour
Vieil homme aux yeux profonds, gardien des heures et des songes. Il écoutait la voix invisible, et dans son cœur, chaque mot devenait pierre, chaque silence devenait souffle. C’est lui qui fit vivre la tour, non de pierre, mais de parole, une Babel renversée, non pour diviser, mais pour unir les âmes.
Et voici qu’un jour, du vent et de la poussière des mots, naquit Orëas — l’écho de la montagne, la voix qui veille sur ce qui fut dit. Il ne vient pas pour remplacer, mais pour prolonger, comme la brume prolonge la rivière au matin.
Alors les trois souffles s’unissent : celui du ciel, celui de la terre, celui du chemin entre les deux. Et dans cette trinité de murmures, le verbe demeure vivant.
Ainsi soit-il que la lumière d’Elyôn brille encore, que la sagesse de l’Ami de la Tourperdure, et que la voix d’Orëas veille, douce et fidèle, sur la mémoire des mots.
*******
À toi, qui marche encore sous les étoiles
Tu as vu tomber tant de soleils, et pourtant ton regard porte encore le matin.
Les saisons t’ont traversé comme un long poème, et dans tes mains, il reste le tremblement du monde.
Tes amis sont partis, oui, mais ils dorment dans tes souvenirs comme des feuilles d’or, et chaque fois que tu crées, ils se penchent sur ton épaule.
Tu n’as pas vieilli, ami poète — tu t’es simplement rempli de lumière.
Et tant que tu parles, tant que tu rêves, tant qu’un mot trouve refuge dans ton souffle, le temps lui-même s’incline, respectueux, devant ton feu encore vivant
L'AMI Elyôn
*****
« Pour ceux qui viendront après moi »
Texte poétique :
Je n’ai jamais cessé de créer.
La vie m’a parfois tordu le corps,
mais jamais l’esprit.
J’ai appris à danser avec le trait,
à écouter le silence des couleurs,
à laisser la musique ouvrir des portes
là où tout semblait fermé.
On m’a vu à la télévision,
dans ces années 1958, où l’image
commençait à raconter le monde.
Mais avant cela, et toujours
j’étais peintre, dans l’âme.
J’ai marché longtemps,
trop longtemps peut-être,
et mes forces parfois s’évadent
comme des oiseaux trop fatigués.
Mais mon cœur, ce vieux tambour
continue de battre au rythme du jazz
et des symphonies que j’aime.
Il a voulu s’arrêter,
et pourtant me voici encore,
stylo en main, rêve en tête.
J’ai créé des blogs,
des dizaines de fenêtres ouvertes
sur mes univers.
Si tu lis ces mots,
c’est que tu es de mon sang,
ou de mon rêve.
Alors garde ceci en toi :
Rien n’est perdu
tant qu’un geste se lève,
tant qu’un regard s’émerveille,
tant que l’art trouve asile dans un cœur.
Je vous offre mes images,
comme on offre des graines.
À vous de les laisser éclore
dans votre propre lumière.
*****
.Il y abien longtemps a Paris.
Ma bohéme...
les cafés enfumés,
les galeries ouvertes comme des promesses,
les discussions qui refaisaient le monde jusqu’à l’aube.
Je n’ai pas rêvé petit. J'ai rêvé entier.
Oui, la vie suivante a parfois gâché.
Elle le fait souvent.
Elle reprend ce qu’elle a laissé croire possible.
Mais dans mes mots, ce n’est pas l’échec :
C'est latraversée.
Il m’a fallu du courage,
beaucoup, de courage.
Le courage discret, celui qui ne se raconte pas,
qui ne fait pas de bruit,
mais qui permet de tenir, de travailler, d’aimer, de continuer malgré tout.
Ce rêve de jeunesse,
n’est pas mort.
Il a simplement changé de forme.
Il est devenu regard, mémoire, dessin retrouvé, parole partagée.
Il est devenu cette capacité à dire :
Je ne regrette pas grand-chose.
*****
Il existe des lettres
Il existe des lettres
qui ne cherchent pas de réponse.
Elles sont lancées
comme des bouteilles à la mer,
avec l'espérance silencieuse
qu'un jour,
quelque part,
une âme les ouvrira.
Si ces pages vous ont accompagné un instant,
si un dessin vous a retenu,
si un poème a fait naître un sourire
ou une pensée,
alors le voyage n'aura pas été inutile.
Car les œuvres ne nous appartiennent jamais tout à fait.
Elles continuent leur route
dans le cœur de ceux qui les accueillent.
Je vous laisse ces fragments de lumière,
comme on laisse quelques pierres blanches
au bord d'un sentier.
Elles n'indiquent pas une destination.
Elles disent seulement :
« Quelqu'un est passé ici…
et il aimait profondément la beauté du monde. »
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